(Rédigé avant les frasques raciales de la F.F.F)

Le vendredi c'est foot à la récré de l'après-midi. C'est installé. C'est comme ça. En plus j'ai un adversaire à ma taille, un adulte donc, en la personne du cuistot qui retarde son départ en week-end pour prendre part à la partie. A l'instar de Janot44, la récré dure jusqu'à temps que mon équipe gagne. Pas question de rentrer en classe avec une défaite au cul, faut pas déconner. C'est qui le maître ?

Pareillement je ne m'accorde aucune retenue quant à ma puissance de tir. Faut les habituer à l'inégalité dans le sport. Je patate donc comme un mulet, causant parfois quelques incidents quand un gosse a la bonne idée de se foutre sur la trajectoire du ballon. En revanche, contrairement à eux, je ne triche pas. Je tente même de faire respecter les principes de sportivité, de respect de l'adversaire, détissant ainsi le travail entrepris par leurs éducateurs sportifs dans leur club de foot. Je crois que c'est clair : les footeux sont des putes. Ils bousillent eux-mêmes leur sport, quelle bande de nazes...

Bref, partie serrée ce vendredi. On mène 2-1 mais difficilement. On est en rupture à chaque attaque adverse. Mais on tient. Et puis coup du sort, on obtient un pénalty sur une main adverse en pliene surface de réparation. Il y en a encore qui connaisse quelque problème psychomoteur, ils ont les terminaisons nerveuses mal installées ce qui les conduit à confondre membres supérieurs et membres inférieurs. Bref l'occase de faire le break s'offre à nous. Avec 3-1 au compteur, je suis tranquille. S'ils reviennent à 3-2 je siffle la fin de la récré et je rentre en classe victorieux.

Ca se dispute pour tirer le péno. Je décide et désigne un petit CP, préférant faire jouer tout le monde plutôt que l'efficacité. Bon prince que je suis. Le petit place la balle, se recule, s'élance et tite... en plein milieu des cages ! Autant dire que le goal n'a pas eu à briller pour arrêter le tir dont la puissance frôlait celle de l'érection d'un Laze.

Tant pis, l'occasion de prendre le large au compteur s'éloigne et il nous faut déjà défendre. Pendant le replacement je console mon piètre avant-centre.

"C'est pas grave. Ca arrive aux plus grands. Même Maradonna à rater des pénalties"

C'est que le couperet tombe, venant d'un coéquipier qui écoutait la conversation :

"C'est qui Maradonna ?"

"Personne. Laisse tomber et va défendre", dis-je en constatant le travail d'érosion de la conscience collective au fil des années.

Tu peux pleurer Stachy, Dieu ou du moins celui qui a ses mains est tombé dans l'anonymat.